Finances

Héberger Firefly III sur un VPS français : vos finances, vos données, votre serveur

Reprenez la main sur vos finances avec vos données hébergées en France, sur votre VPS.

Remplace
Bankin', Linxo, YNAB
RAM conseillée
2 Go
Docker
Oui
Budget VPS
≈ 5–8 €/mois
Difficulté
Intermédiaire
En bref

Firefly III gère vos comptes et budgets, avec vos données chez vous. Comptez 2 Go de RAM réalistes (app + MariaDB + cron + data-importer), ≈ 5–8 €/mois. Son atout en France : héberger ses données bancaires sur un VPS français (RGPD) et importer les relevés de sa banque.

Firefly III est une application web d’auto-hébergement dédiée à la gestion fine de vos finances personnelles : comptes courants, épargne, cartes de crédit, budgets, catégories, factures récurrentes et règles d’automatisation. Là où une appli mobile classique se contente d’afficher un solde, Firefly III vous laisse construire de vrais rapports, ventiler chaque dépense, suivre vos enveloppes budgétaires et appliquer des règles qui catégorisent automatiquement vos transactions. C’est l’outil du suivi rigoureux, pour qui veut comprendre où part chaque euro.

Il remplace avantageusement les agrégateurs comme Bankin’ ou Linxo, et les budgéteurs comme YNAB. La différence est fondamentale : ces services agrègent vos comptes côté tiers. Pour fonctionner, ils se connectent à votre banque et stockent (ou font transiter) vos données bancaires sur leurs serveurs. Avec Firefly III, vos relevés, vos soldes et votre historique financier vivent sur votre propre VPS, idéalement loué en France. Vous décidez qui y accède, et personne ne revend l’analyse de vos habitudes de consommation. C’est l’argument central de cette page : reprendre la souveraineté sur les données les plus sensibles que vous possédiez, vos finances.

Pourquoi héberger ses finances sur un VPS français ?

Vos données bancaires racontent tout de vous : revenus, loyer, abonnements, magasins fréquentés, habitudes de vie. Les agrégateurs français comme Bankin’ ou Linxo (désormais propriété de groupes bancaires) reposent sur un modèle où vos comptes sont lus et stockés par un tiers. Même quand le service est sérieux et conforme, vous déléguez la garde de ces informations à une entreprise dont le modèle économique repose en partie sur la donnée.

Héberger Firefly III sur un VPS français change radicalement l’équation. Aucune donnée ne quitte votre serveur. Il n’y a pas de connexion permanente à votre banque, pas de revente de profils anonymisés, pas de tableau de bord côté éditeur. Choisir un hébergeur dont les datacenters sont en France (ou en Europe) ajoute une couche de proximité juridique : vous relevez clairement du RGPD, et en cas de litige le droit applicable est celui que vous connaissez. Pour des données financières, cette clarté juridique vaut de l’or.

Cela répond aussi à une logique de souveraineté numérique. Vous ne dépendez plus de la pérennité d’un service : si Bankin’ ferme, change ses tarifs ou ses conditions, votre suivi s’arrête. Votre instance Firefly III, elle, continue de tourner tant que vous payez votre VPS. Vous exportez vos données quand vous voulez, dans des formats ouverts. C’est la différence entre louer un service financier et posséder son outil de gestion.

Configuration requise : combien de RAM pour Firefly III ?

Configuration VPS requise
Processeur (CPU)1 vCPU
RAM minimale1 Go
RAM conseillée2 Go
Stockage5–10 Go SSD
DockerOui (image officielle)
Base de donnéesMariaDB ou PostgreSQL
NiveauIntermédiaire

La documentation officielle annonce que Firefly III peut tourner avec 512 Mo de RAM. C’est techniquement vrai pour l’application PHP seule, sur une instance de démonstration. Mais une installation réelle ne se résume jamais au seul conteneur applicatif.

En production, vous faites cohabiter plusieurs briques : l’application Firefly III (PHP-FPM + serveur web), la base de données MariaDB ou PostgreSQL qui stocke toutes vos écritures, un conteneur cron pour les tâches récurrentes (rappels, factures, règles planifiées), et souvent le data-importer pour ingérer vos relevés. Chacune consomme sa part de mémoire. MariaDB à elle seule réclame facilement 300 à 500 Mo une fois chargée, et les imports de gros fichiers CSV peuvent faire grimper la consommation PHP ponctuellement.

C’est pourquoi nous recommandons 2 Go de RAM pour une instance confortable. Avec 1 Go vous tournerez, mais vous frôlerez les limites pendant les imports ou si vous activez le reverse proxy sur la même machine. Côté CPU, 1 vCPU suffit : Firefly III n’est pas gourmand en calcul, c’est une application transactionnelle, pas un service temps réel. Pour le stockage, 5 à 10 Go de SSD couvrent largement la base, les pièces jointes (justificatifs scannés) et les logs sur plusieurs années. Si vous hésitez sur le dimensionnement, notre guide combien de RAM pour l’auto-hébergement détaille comment éviter le sous-dimensionnement qui mène aux plantages.

Comment importer les relevés de sa banque française ?

C’est le point à comprendre avant de se lancer, et nous serons honnêtes : Firefly III ne fait pas d’agrégation automatique. Contrairement à Bankin’ qui se connecte directement à votre banque et synchronise vos opérations en temps réel, Firefly III repose sur un import manuel ou semi-automatisé via un composant dédié, le data-importer.

Le principe est simple. Vous vous connectez à l’espace en ligne de votre banque (BNP, Crédit Agricole, Boursorama, Société Générale, La Banque Postale…) et vous exportez votre relevé au format CSV. La quasi-totalité des banques françaises proposent cet export. Le data-importer prend ensuite ce fichier et vous laisse mapper chaque colonne vers les champs de Firefly III : date, libellé, montant, compte source, compte de destination, catégorie. Une fois le mapping défini, vous pouvez le sauvegarder comme modèle : les imports suivants depuis la même banque deviennent quasi instantanés.

Le format OFX (utilisé par certains logiciels de comptabilité) est géré via des outils tiers de la communauté, et le format bancaire CAMT.053 est pris en charge nativement pour les banques qui le proposent. Le dépôt communautaire « import-configurations » de Firefly III rassemble d’ailleurs des configurations prêtes à l’emploi classées par pays et par banque : il vaut la peine d’y chercher votre établissement avant de tout paramétrer à la main.

Oui, c’est un peu plus de travail qu’une synchro automatique. Mais c’est le prix de la confidentialité : aucun de vos identifiants bancaires n’est jamais stocké quelque part, aucune connexion permanente n’existe entre votre banque et un serveur tiers. Vous restez maître de ce qui entre dans votre comptabilité, écriture par écriture.

Combien coûte l’auto-hébergement de Firefly III ?

Soyons transparents sur la comparaison. Bankin’ et Linxo proposent des offres gratuites, ainsi que des formules payantes (autour de 5 à 10 €/mois) qui débloquent catégorisation avancée, alertes et coaching budgétaire. Sur le papier, le gratuit est imbattable. Mais ce « gratuit » a une contrepartie : ces services voient l’intégralité de vos comptes, et la donnée financière est une ressource précieuse pour les groupes qui les éditent.

Avec Firefly III, le logiciel est entièrement gratuit et open source (licence AGPL). Votre seul coût est le VPS : comptez 5 à 8 €/mois pour une machine de 2 Go de RAM chez un hébergeur français ou européen. Pas d’abonnement applicatif, pas de version « premium », pas de fonctionnalité bridée derrière un paywall. Vous payez l’infrastructure, pas la fonctionnalité.

Solution Coût mensuel Vos données bancaires
Bankin’ / Linxo (gratuit) 0 € Lues et stockées côté éditeur
Bankin’ / Linxo (premium) 5–10 € Lues et stockées côté éditeur
Firefly III auto-hébergé 5–8 € (VPS) Sur votre VPS, privées

Le calcul n’est donc pas « gratuit contre payant », mais « données partagées contre données privées ». Pour beaucoup, payer 6 €/mois pour que personne d’autre ne voie son historique financier est un arbitrage évident. Et ce même VPS peut héberger d’autres services (gestionnaire de mots de passe, notes, budget), ce qui dilue le coût réel de Firefly III.

Comment sauvegarder ses données Firefly III ?

Vos finances méritent une sauvegarde sérieuse : perdre des années d’historique catégorisé serait douloureux. Heureusement, Firefly III stocke tout dans deux endroits seulement, ce qui rend la sauvegarde simple.

Le premier est la base de données. C’est là que vivent toutes vos écritures, comptes, budgets et règles. Vous en faites un dump régulier : mysqldump pour MariaDB, pg_dump pour PostgreSQL. Le second est le volume des pièces jointes (justificatifs, factures scannées que vous attachez aux transactions), à copier tel quel. Avec ces deux éléments, vous pouvez restaurer une instance complète sur n’importe quel serveur.

La règle d’or est de stocker les sauvegardes hors du VPS. Un dump qui reste sur la même machine ne vous protège pas d’une panne disque ou d’un VPS compromis. Copiez vos archives vers un autre serveur, un NAS chez vous, ou un stockage objet (S3 compatible) chiffré. Un simple cron quotidien qui exporte la base, l’archive, la chiffre (GPG) et l’envoie hors site vous met à l’abri. Pour des données financières, pensez à chiffrer systématiquement les sauvegardes : un dump SQL en clair sur un stockage tiers annulerait tout le bénéfice de confidentialité que vous recherchez.

Quel hébergeur choisir pour Firefly III ?

Quel hébergeur choisir ?

Pour des données financières, beaucoup préfèrent un hébergeur français (OVH) ou européen (Infomaniak en Suisse, Hetzner en UE) pour la proximité juridique.

OVHcloud

L'option française, Docker préinstallé

  • Image VPS « Docker » préinstallée disponible
  • Datacenters en France (latence + RGPD)
  • Documentation francophone fournie
Config conseillée
2 vCPU / 4 Go / 80 Go SSD
Prix indicatif
≈ 6–8 €/mois
Docker
Image Docker préinstallée proposée au déploiement
Voir les VPS OVHcloud lien à brancher

Infomaniak

La souveraineté des données

  • Hébergeur suisse indépendant, très axé vie privée
  • VPS Lite abordables, Docker via documentation
  • Énergie renouvelable, datacenters en Suisse
Config conseillée
2 vCPU / 4 Go / 80 Go NVMe
Prix indicatif
≈ 6–9 €/mois
Docker
VPS complet — Docker à installer (doc fournie)
Voir les VPS Infomaniak lien à brancher

Hetzner

Le meilleur rapport puissance/prix

  • VPS CX22 : 2 vCPU, 4 Go RAM, 40 Go SSD
  • L'hébergeur favori de la communauté self-hosting
  • Datacenters en UE (conformité RGPD)
Config conseillée
2 vCPU / 4 Go / 40 Go SSD
Prix indicatif
≈ 4,50 €/mois
Docker
VPS complet — Docker à installer (ou image Coolify en 1 clic)
Voir les VPS Hetzner lien à brancher

Transparence : les liens ci-dessus sont des liens partenaires (affiliation). Si vous souscrivez via l'un d'eux, ce site touche une commission, sans surcoût pour vous. Cela n'influence pas nos recommandations : nous ne citons que des hébergeurs adaptés à cette application. En savoir plus.

Le choix d’hébergeur compte plus ici que pour n’importe quelle autre application : vous y mettez votre vie financière. Un VPS d’entrée de gamme avec 2 Go de RAM et 1 à 2 vCPU convient parfaitement, l’enjeu principal est la localisation juridique et la fiabilité du fournisseur.

OVHcloud est le réflexe naturel pour qui veut tout en France : datacenters hexagonaux, droit français, conformité RGPD native et support en français. Infomaniak, basé en Suisse, séduit ceux qui valorisent une législation sur la vie privée parmi les plus strictes au monde, tout en restant proche géographiquement et culturellement. Hetzner, en Allemagne, offre un excellent rapport qualité-prix au sein de l’Union européenne, avec une réputation solide en matière de stabilité. Les trois vous garantissent que vos données ne quittent jamais l’espace juridique européen, contrairement à un hébergeur américain soumis au Cloud Act.

Installer Firefly III sur un VPS avec Docker

L’installation repose sur Docker Compose, qui orchestre l’application et sa base de données. Voici un docker-compose.yml réaliste pour démarrer. Avant tout, générez une APP_KEY de 32 caractères avec openssl rand -base64 32 et notez-la précieusement : elle chiffre certaines données et changer cette clé après coup casse l’instance.

services:
  app:
    image: fireflyiii/core:latest
    container_name: firefly_app
    restart: unless-stopped
    depends_on:
      - db
    environment:
      - APP_KEY=CHANGEZ_MOI_32_CARACTERES_ALEATOIRES
      - APP_URL=https://finances.mondomaine.fr
      - TZ=Europe/Paris
      - DB_CONNECTION=mysql
      - DB_HOST=db
      - DB_PORT=3306
      - DB_DATABASE=firefly
      - DB_USERNAME=firefly
      - DB_PASSWORD=mot_de_passe_db_solide
      - TRUSTED_PROXIES=**
    volumes:
      - firefly_upload:/var/www/html/storage/upload
    ports:
      - "127.0.0.1:8080:8080"

  db:
    image: mariadb:lts
    container_name: firefly_db
    restart: unless-stopped
    environment:
      - MYSQL_RANDOM_ROOT_PASSWORD=yes
      - MYSQL_DATABASE=firefly
      - MYSQL_USER=firefly
      - MYSQL_PASSWORD=mot_de_passe_db_solide
    volumes:
      - firefly_db:/var/lib/mysql

  cron:
    image: alpine
    container_name: firefly_cron
    restart: unless-stopped
    command: >
      sh -c "echo \"0 3 * * * wget -qO- http://app:8080/api/v1/cron/REMPLACEZ_PAR_UN_TOKEN_32_CARACTERES\" | crontab - && crond -f -L /dev/stdout"

volumes:
  firefly_upload:
  firefly_db:

Lancez la pile avec docker compose up -d, puis vérifiez son état avec docker compose ps. Le conteneur cron déclenche chaque nuit les tâches planifiées (rappels de factures, exécution des règles) : remplacez le token par une chaîne aléatoire de 32 caractères.

Pour l’import des relevés bancaires, ajoutez un conteneur data-importer séparé, qui se connecte à l’application via une clé d’API que vous générez dans Firefly III :

  importer:
    image: fireflyiii/data-importer:latest
    container_name: firefly_importer
    restart: unless-stopped
    depends_on:
      - app
    environment:
      - FIREFLY_III_URL=http://app:8080
      - FIREFLY_III_ACCESS_TOKEN=votre_token_api_personnel
      - TZ=Europe/Paris
    ports:
      - "127.0.0.1:8081:8080"

Dernière étape : placez un reverse proxy HTTPS (Caddy, Nginx ou Traefik) devant les ports 8080 et 8081, pour obtenir un certificat TLS automatique et chiffrer tout le trafic. Ouvrez ensuite votre domaine dans le navigateur, créez votre premier compte utilisateur, puis votre premier compte bancaire, et lancez votre premier import. Activez sans attendre la double authentification (2FA) dans les réglages : sur une application financière, c’est non négociable.


Firefly III demande un peu plus d’effort qu’une appli bancaire grand public, mais il offre en échange ce qu’aucun agrégateur ne donnera jamais : la maîtrise totale de vos données financières, hébergées sur votre VPS, sous le droit français ou européen. Pour comparer avec une approche plus légère orientée budget, lisez notre guide sur Actual Budget auto-hébergé. Et si vous n’avez pas encore choisi votre serveur, notre comparatif quel VPS pour l’auto-hébergement vous aidera à dimensionner correctement votre machine.

Questions fréquentes

Quel VPS français choisir pour garder ses données bancaires privées ?

Un VPS d'entrée de gamme avec 2 Go de RAM suffit. Pour des données financières, un hébergeur français comme OVHcloud (datacenters en France, droit français) ou européen comme Infomaniak (Suisse) ou Hetzner (UE) garantit la proximité juridique et la conformité RGPD.

Combien de RAM faut-il avec la base de données ?

Firefly III annonce tourner avec 512 Mo, mais en pratique l'application PHP, MariaDB, le conteneur cron et le data-importer cohabitent : visez 2 Go de RAM pour une instance fluide et stable au quotidien.

Comment importer les écritures d'une banque française ?

Vous exportez le relevé de votre banque en CSV (ou OFX via un outil tiers), puis le data-importer mappe les colonnes vers Firefly III. Il n'y a pas d'agrégation automatique type Bankin' : c'est un import manuel ou semi-automatisé, mais 100 % sous votre contrôle.

Firefly III ou Actual Budget : lequel choisir ?

Firefly III vise la gestion fine et l'analyse (comptes multiples, règles, rapports) avec une base SQL. Actual Budget est plus léger et orienté budget enveloppe à la YNAB. Pour suivre précisément des banques françaises, Firefly III est plus complet.

Est-ce sécurisé d'y mettre ses finances ?

Oui, à condition de sécuriser le VPS : HTTPS via reverse proxy, mots de passe forts, 2FA activé dans Firefly III, accès SSH par clé et sauvegardes chiffrées. Vos données restent sur votre serveur, jamais partagées avec un tiers.

Comment sauvegarder la base de données ?

Un dump SQL régulier (mysqldump pour MariaDB ou pg_dump pour PostgreSQL) plus le volume des pièces jointes, copiés hors du VPS (autre serveur ou stockage objet chiffré). Un cron quotidien suffit pour ne jamais perdre votre historique.