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Héberger Immich sur un VPS : combien de RAM, et comment l'installer ?

Vos photos de smartphone sauvegardées automatiquement chez vous, façon Google Photos — sur un VPS, sans NAS.

Remplace
Google Photos, iCloud Photos
RAM conseillée
6 Go
Docker
Oui
Budget VPS
≈ 8–12 €/mois
Difficulté
Intermédiaire
En bref

Immich héberge vos photos façon Google Photos, avec sauvegarde mobile automatique en arrière-plan. Son architecture est lourde : serveur, moteur d'IA séparé, PostgreSQL vectoriel et Redis, soit ~6 Go de RAM conseillés (4 Go au strict minimum) et environ 8–12 €/mois. Comptez du stockage à part, dimensionné sur votre photothèque.

Immich est une galerie photos auto-hébergée qui vise un objectif très précis : remplacer Google Photos ou iCloud Photos par une solution que vous contrôlez entièrement. Vous déposez (ou laissez votre téléphone envoyer) vos photos sur votre propre serveur, et l’application les organise avec une recherche par IA, de la reconnaissance de visages, de lieux et d’objets — sans qu’une seule image ne parte chez un géant du cloud. Son argument massue, celui qui fait basculer la plupart des gens, c’est son application mobile qui sauvegarde automatiquement les photos du smartphone en arrière-plan, exactement comme le ferait Google Photos.

Avant de l’installer, la vraie question n’est pas « est-ce que ça marche » — ça marche très bien — mais « combien de RAM faut-il, et combien ça coûte sur un VPS ? ». Car Immich a une particularité : ce n’est pas une seule application, mais une pile de plusieurs conteneurs (serveur, moteur d’IA, base de données vectorielle, cache), ce qui le rend plus gourmand qu’une galerie classique. Cette page répond à tout ça, chiffres à l’appui, et vous montre l’installation complète.

Configuration requise : combien de RAM pour Immich ?

Configuration VPS requise
Processeur (CPU)2 vCPU (4 conseillés)
RAM minimale4 Go
RAM conseillée6 Go
Stockage10 Go+ (hors photos)
DockerOui (image officielle)
Base de donnéesPostgreSQL avec extension vectorielle (image fournie)
NiveauIntermédiaire

Immich recommande officiellement au moins 2 cœurs CPU et 6 Go de RAM, avec 4 cœurs et 8 Go pour les grandes photothèques (au-delà de ~50 000 images). Le strict minimum praticable est de 4 Go, mais vous le sentirez passer. Pourquoi autant pour une « simple » galerie photo ? Parce qu’Immich n’est pas monolithique : il fait tourner plusieurs services en parallèle, et chacun réclame sa part de mémoire.

  • Le serveur Immich gère l’API, l’interface web, l’upload et la génération des miniatures.
  • Le conteneur de machine learning est le plus gourmand : il charge ses modèles d’IA en mémoire pour la reconnaissance de visages, la recherche intelligente (« montre-moi les photos de plage ») et le classement automatique. C’est lui qui fait grimper la consommation à 4–8 Go pendant le traitement.
  • PostgreSQL (avec une extension de recherche vectorielle) stocke les métadonnées et les vecteurs d’embeddings ; le projet recommande de lui réserver au moins 2 Go si vous fixez des limites de ressources.
  • Redis sert de file d’attente et de cache pour orchestrer les tâches de fond.

Concrètement : au repos, le serveur et l’IA consomment environ 2 Go ; pendant le traitement initial de votre photothèque, vous pouvez monter à 4–8 Go. Sur 4 Go, Immich démarre et la sauvegarde mobile fonctionne dès le premier jour, mais l’indexation IA sera lente et pourra réclamer du swap. Sur 6 Go, vous êtes confortable pour un usage personnel ; visez 8 Go au-delà de 50 000 photos. Un point non négociable : la base PostgreSQL doit tourner sur du SSD local, jamais sur un partage réseau, sous peine de corruption.

Si vous hésitez sur le dimensionnement, le guide combien de RAM pour l’auto-hébergement détaille les ordres de grandeur application par application.

Immich ou PhotoPrism : lequel choisir ?

C’est la comparaison la plus fréquente, car les deux occupent le même créneau — votre photothèque chez vous, avec recherche par IA — mais avec des philosophies différentes. Soyons honnêtes sur les deux.

Sur l’usage, la différence est nette. Immich est conçu d’abord comme une sauvegarde mobile automatique façon Google Photos : son application Android/iOS envoie en continu, en arrière-plan, les nouvelles photos de votre téléphone dès que vous les prenez. C’est son point fort, et c’est précisément ce que cherchent la plupart des gens qui veulent quitter Google Photos sans rien changer à leurs habitudes. PhotoPrism, lui, est davantage orienté organisation et archivage d’une bibliothèque existante : excellente gestion des RAW, des albums, des métadonnées et de la recherche fine. Sa sauvegarde mobile existe (via PWA) mais est moins centrale.

Sur la consommation de RAM, le résultat surprend souvent : PhotoPrism est plus léger à démarrer. PhotoPrism, c’est essentiellement deux conteneurs (l’app + la base), avec un moteur d’IA intégré au processus principal — il démarre officiellement à 4 Go. Immich, lui, est une architecture multi-conteneurs : serveur, base PostgreSQL vectorielle, Redis, et surtout un conteneur de machine learning séparé qui réclame de la mémoire à part. Au total, comptez ~6 Go de RAM et une empreinte disque de l’ordre de 6 Go rien que pour les images Docker et les modèles d’IA. Sur un VPS serré, PhotoPrism passe donc plus facilement.

Sur l’indexation, les deux sont gourmands en CPU au premier passage et aucun n’exige de GPU sur un VPS standard. Immich a l’avantage de séparer clairement la génération des miniatures (rapide) du traitement IA (lent), ce qui donne une interface réactive pendant que l’IA travaille en tâche de fond.

En résumé : si votre besoin numéro un est de sauvegarder automatiquement les photos de votre smartphone, Immich est le meilleur choix, à condition d’accepter ses multiples conteneurs et de lui donner ~6 Go. Si vous voulez surtout ranger et archiver une grosse bibliothèque (RAW d’appareil photo compris) sur une machine modeste, PhotoPrism est plus à son aise. Les deux sont d’excellents projets : le choix dépend de votre usage, pas d’un gagnant absolu.

L’application mobile d’Immich sauvegarde-t-elle vraiment en automatique ?

Oui, et c’est le cœur du produit. Une fois l’application installée sur votre téléphone et pointée vers votre serveur, vous activez la sauvegarde automatique en arrière-plan : chaque nouvelle photo ou vidéo prise avec votre appareil est envoyée vers votre VPS sans intervention, exactement comme le fait Google Photos. La différence, c’est que la destination est votre serveur, sous votre contrôle, et qu’aucune image ne transite par un service tiers.

Quelques points concrets à connaître :

  • La sauvegarde peut être limitée au Wi-Fi pour ne pas consommer votre forfait data, ou autorisée en données mobiles selon vos préférences.
  • Vous choisissez quels albums du téléphone sont sauvegardés (pellicule, captures d’écran, dossiers d’applications…).
  • La première sauvegarde d’une grosse pellicule peut prendre du temps et solliciter votre bande passante montante côté VPS — un détail à vérifier selon l’offre réseau de votre hébergeur.
  • Une fois les photos sur le serveur, vous pouvez libérer l’espace du téléphone tout en gardant l’accès à toute votre photothèque depuis l’application ou le web.

C’est cette fonction, fluide et fiable, qui explique pourquoi Immich est devenu la référence du « Google Photos auto-hébergé ».

Combien coûte l’auto-hébergement d’Immich ?

Soyons honnêtes sur le calcul, sans enjoliver. Google Photos est « gratuit » jusqu’à 15 Go partagés, puis devient un abonnement Google One qui grimpe avec le stockage — c’est ce coût récurrent et le verrouillage qui motivent le passage à l’auto-hébergement.

De l’autre côté, Immich n’est pas l’application la moins chère à héberger, précisément à cause de son architecture multi-conteneurs et de son moteur d’IA. Comptez :

  • un VPS de 6 Go de RAM, soit environ 8 à 12 €/mois chez un hébergeur correct (vous pouvez descendre à 4 Go et ~6 €/mois en acceptant un traitement IA plus lent) ;
  • du stockage dimensionné sur votre photothèque : c’est presque toujours ce poste qui fait la facture, pas le VPS. Une pellicule de smartphone de plusieurs années pèse vite des dizaines de Go, et les vidéos 4K explosent les compteurs. Sur de gros volumes, un VPS avec volume de stockage extensible (block storage) est souvent plus économique qu’un gros disque inclus.

Il faut aussi compter le coût caché du temps : Immich demande un peu plus d’attention qu’une application monolithique (suivi des mises à jour, sauvegardes de la base). Ce n’est pas insurmontable, mais ce n’est pas du « zéro maintenance ».

À l’arrivée, vous remplacez un abonnement perpétuel qui ne fait qu’augmenter par un coût maîtrisé sur une machine que vous possédez — et vos souvenirs cessent d’être l’otage d’un compte qui peut être suspendu.

Quel hébergeur choisir pour Immich ?

Quel hébergeur choisir ?

Immich réclame de la RAM (6 Go conseillés) à cause de son moteur d'IA séparé ; visez un VPS confortable et du stockage selon votre photothèque.

Hetzner

Le meilleur rapport puissance/prix

  • VPS CX22 : 2 vCPU, 4 Go RAM, 40 Go SSD
  • L'hébergeur favori de la communauté self-hosting
  • Datacenters en UE (conformité RGPD)
Config conseillée
2 vCPU / 4 Go / 40 Go SSD
Prix indicatif
≈ 4,50 €/mois
Docker
VPS complet — Docker à installer (ou image Coolify en 1 clic)
Voir les VPS Hetzner lien à brancher

OVHcloud

L'option française, Docker préinstallé

  • Image VPS « Docker » préinstallée disponible
  • Datacenters en France (latence + RGPD)
  • Documentation francophone fournie
Config conseillée
2 vCPU / 4 Go / 80 Go SSD
Prix indicatif
≈ 6–8 €/mois
Docker
Image Docker préinstallée proposée au déploiement
Voir les VPS OVHcloud lien à brancher

Infomaniak

La souveraineté des données

  • Hébergeur suisse indépendant, très axé vie privée
  • VPS Lite abordables, Docker via documentation
  • Énergie renouvelable, datacenters en Suisse
Config conseillée
2 vCPU / 4 Go / 80 Go NVMe
Prix indicatif
≈ 6–9 €/mois
Docker
VPS complet — Docker à installer (doc fournie)
Voir les VPS Infomaniak lien à brancher

Transparence : les liens ci-dessus sont des liens partenaires (affiliation). Si vous souscrivez via l'un d'eux, ce site touche une commission, sans surcoût pour vous. Cela n'influence pas nos recommandations : nous ne citons que des hébergeurs adaptés à cette application. En savoir plus.

Les deux critères décisifs ici sont le ratio RAM/prix et la possibilité d’ajouter du stockage au fil de la croissance de votre photothèque. Hetzner est imbattable sur le premier point : on y trouve des VPS de 6–8 Go de RAM à des tarifs très agressifs, avec du block storage à la demande. OVH et Infomaniak ont l’avantage d’héberger en France et en Europe, ce qui compte pour des photos personnelles soumises au RGPD — un argument de poids quand il s’agit de souvenirs de famille. Quel que soit votre choix, ne descendez pas sous 4 Go, privilégiez 6 Go pour le confort, et vérifiez que vous pourrez étendre le disque sans tout réinstaller.

Pour comparer plus largement, voyez notre guide quel VPS choisir pour le self-hosting.

Installer Immich sur un VPS avec Docker

L’installation repose sur un docker-compose.yml qui réunit les quatre services d’Immich, accompagné d’un fichier .env pour la configuration. Voici une base réaliste et commentée, fidèle à la structure officielle — adaptez les mots de passe, les chemins et la version épinglée. Important : Immich exige la commande moderne docker compose (le vieux docker-compose n’est plus supporté).

D’abord le fichier .env, à placer à côté du compose :

# Version à épingler (évitez "latest" en production)
IMMICH_VERSION=release

# Emplacement de VOS photos et de la base (SSD local impératif)
UPLOAD_LOCATION=./library
DB_DATA_LOCATION=./postgres

# Identifiants PostgreSQL
DB_PASSWORD=changez-ce-mot-de-passe
DB_USERNAME=postgres
DB_DATABASE_NAME=immich

Puis le docker-compose.yml :

name: immich

services:
  immich-server:
    image: ghcr.io/immich-app/immich-server:${IMMICH_VERSION}
    container_name: immich_server
    restart: unless-stopped
    volumes:
      - ${UPLOAD_LOCATION}:/usr/src/app/upload   # VOS photos et vidéos
      - /etc/localtime:/etc/localtime:ro
    env_file:
      - .env
    ports:
      - "2283:2283"
    depends_on:
      - redis
      - database

  immich-machine-learning:
    image: ghcr.io/immich-app/immich-machine-learning:${IMMICH_VERSION}
    container_name: immich_machine_learning
    restart: unless-stopped
    volumes:
      - model-cache:/cache                        # modèles d'IA téléchargés
    env_file:
      - .env

  redis:
    image: docker.io/valkey/valkey:8-bookworm     # cache / file d'attente
    container_name: immich_redis
    restart: unless-stopped

  database:
    image: ghcr.io/immich-app/postgres:14-vectorchord0.4.3
    container_name: immich_postgres
    restart: unless-stopped
    environment:
      POSTGRES_PASSWORD: ${DB_PASSWORD}
      POSTGRES_USER: ${DB_USERNAME}
      POSTGRES_DB: ${DB_DATABASE_NAME}
      POSTGRES_INITDB_ARGS: '--data-checksums'
    volumes:
      - ${DB_DATA_LOCATION}:/var/lib/postgresql/data   # SSD local uniquement
    shm_size: 128mb

volumes:
  model-cache:

Lancez ensuite la stack et surveillez le démarrage :

docker compose up -d
docker compose logs -f immich-server
docker stats

Immich répond alors sur le port 2283. Ne l’exposez pas en clair sur Internet : placez un reverse proxy (Caddy ou Traefik) devant lui pour gérer le HTTPS via Let’s Encrypt. Exemple minimal avec Caddy :

photos.mondomaine.fr {
    reverse_proxy localhost:2283
}

Ouvrez ensuite https://photos.mondomaine.fr, créez votre compte administrateur, puis installez l’application Immich sur votre téléphone depuis le Play Store ou l’App Store. Pointez-la vers votre domaine, connectez-vous, et activez la sauvegarde automatique : vos photos commencent à remonter sur votre serveur. Surveillez la RAM avec docker stats pendant le premier traitement IA — si le conteneur de machine learning sature, ajoutez du swap ou montez en gamme côté VPS.

Un dernier conseil de prudence, hérité de l’historique du projet : Immich a longtemps évolué vite, avec des changements parfois cassants entre versions. Épinglez une version précise (plutôt que release/latest en production), lisez les notes de version avant chaque mise à jour, et sauvegardez régulièrement votre base PostgreSQL ainsi que le dossier de vos photos. Ce sont vos souvenirs : ils méritent une vraie politique de sauvegarde.


Immich est aujourd’hui la meilleure réponse open source à « comment quitter Google Photos sans perdre la sauvegarde automatique du smartphone ». Le prix à payer, c’est une architecture plus lourde — quatre conteneurs et ~6 Go de RAM conseillés — et un peu de maintenance. Si la sauvegarde mobile automatique est votre priorité, l’investissement en vaut largement la peine.

Pour aller plus loin : combien de RAM pour l’auto-hébergement, quel VPS choisir pour le self-hosting, et la comparaison directe avec PhotoPrism si vous hésitez encore entre les deux.

Questions fréquentes

Combien de RAM faut-il pour héberger Immich ?

Le projet recommande au moins 6 Go de RAM (8 Go pour une photothèque de plus de 50 000 images) et 4 Go au strict minimum. La consommation grimpe surtout pendant le traitement par IA, qui tourne dans un conteneur séparé. Sur 4 Go, prévoyez du swap et un premier passage plus lent.

Immich ou PhotoPrism : lequel choisir ?

Immich pour la sauvegarde automatique des photos du smartphone (son point fort, façon Google Photos) ; PhotoPrism pour organiser et archiver une grosse bibliothèque, RAW compris. Immich est plus lourd (architecture multi-conteneurs, ~6 Go de RAM), PhotoPrism plus léger à démarrer (4 Go).

Immich tient-il sur un VPS de 4 Go ?

Oui, c'est le minimum officiel : l'application fonctionne et la sauvegarde mobile aussi, mais le traitement IA (reconnaissance de visages, recherche intelligente) sera lent et pourra réclamer du swap. Pour être à l'aise, visez 6 Go. La base PostgreSQL doit impérativement tourner sur du SSD local, jamais sur un partage réseau.

L'application mobile Immich sauvegarde-t-elle vraiment en arrière-plan ?

Oui. Les applications Android et iOS sauvegardent automatiquement les nouvelles photos et vidéos du téléphone dès qu'elles sont prises, en tâche de fond, exactement comme Google Photos — sans envoyer une seule image à un tiers. C'est la fonction qui pousse la plupart des gens à installer Immich.

Faut-il un GPU pour Immich ?

Non, ce n'est pas obligatoire. Le moteur de machine learning tourne en CPU par défaut, ce qui suffit sur un VPS standard (sans GPU disponible de toute façon). Un GPU n'accélère que le traitement IA initial ; pour un usage personnel, le CPU fait le travail, simplement plus lentement.

Immich est-il stable pour un usage de production ?

Immich a longtemps prévenu qu'il était en développement actif avec des changements potentiellement cassants entre versions. Le projet s'est beaucoup stabilisé, mais la règle reste : lisez les notes de version avant chaque mise à jour, épinglez une version précise plutôt que latest, et sauvegardez régulièrement votre base PostgreSQL et vos photos.