Héberger Uptime Kuma sur un VPS : surveiller ses sites depuis l'extérieur
Surveillez vos sites et serveurs depuis un VPS externe, avec une vraie page de statut — sans UptimeRobot.
- Remplace
- UptimeRobot, Pingdom, StatusCake
- RAM conseillée
- 1 Go
- Docker
- Oui
- Budget VPS
- ≈ 4–5 €/mois
- Difficulté
- Accessible
Uptime Kuma surveille la disponibilité de vos sites/services et publie une page de statut. ~100 Mo au repos, 1 Go conseillé selon le nombre de sondes, ≈ 4–5 €/mois. Point clé : hébergez-le sur un VPS distinct de ce qu'il surveille, sinon il tombe en même temps.
Uptime Kuma est un outil de monitoring auto-hébergé : il interroge régulièrement vos sites, API et serveurs, vous alerte dès qu’un service tombe, et publie une page de statut publique pour rassurer vos visiteurs. C’est l’alternative open source la plus populaire à UptimeRobot, Pingdom ou StatusCake — avec une interface moderne, des graphiques de temps de réponse et plus de 90 canaux de notification, le tout sans abonnement.
Mais Uptime Kuma a une particularité qui dicte où l’installer : une sonde de surveillance ne doit jamais tourner sur l’infrastructure qu’elle surveille. Si vous installez votre monitoring sur le même serveur que vos sites, le jour où ce serveur plante (coupure réseau, panne disque, datacenter injoignable), Uptime Kuma tombe avec lui — et aucune alerte ne part. Vous apprenez la panne par un client mécontent, pas par votre outil. La seule configuration qui a du sens est donc un VPS externe, distinct et idéalement chez un autre hébergeur, depuis lequel Uptime Kuma observe vos services exactement comme le ferait un visiteur sur Internet.
Pourquoi héberger son monitoring sur un VPS externe ?
C’est le cœur du sujet, et la raison pour laquelle un petit VPS loué est ici plus logique qu’un serveur à la maison ou qu’une machine déjà occupée par vos sites.
L’indépendance de panne d’abord. Le rôle d’un moniteur est de détecter ce qui ne va pas. S’il partage le sort de ce qu’il surveille, il est aveugle au moment précis où vous avez besoin de lui. En le plaçant sur un VPS séparé, vous garantissez qu’une panne de votre serveur de production ne fait pas taire votre système d’alerte. Le monitoring continue de tourner, constate que le site ne répond plus, et vous prévient en quelques secondes.
La vision depuis l’extérieur ensuite. Surveiller un site depuis le serveur qui l’héberge, c’est mesurer une boucle locale : le site « se voit » lui-même, en passant par localhost. Cela ne dit rien de ce que vit un vrai visiteur. Un VPS externe, lui, traverse l’Internet public : il teste votre nom de domaine, votre DNS, votre certificat TLS, votre reverse proxy et votre pare-feu — toute la chaîne. Si le DNS est cassé ou si le pare-feu bloque le port 443, le monitoring local ne verrait rien, mais la sonde externe le détecte immédiatement.
Le coût enfin. Un VPS d’entrée de gamme (1 vCPU, 1 Go de RAM) suffit largement et coûte 4 à 5 €/mois. Pour cette somme, vous obtenez une sonde permanente, neutre et indépendante de votre hébergement principal — exactement ce que facturent bien plus cher les services SaaS de monitoring.
Configuration requise : combien de RAM pour Uptime Kuma ?
| Processeur (CPU) | 1 vCPU |
|---|---|
| RAM minimale | 256 Mo |
| RAM conseillée | 1 Go |
| Stockage | 5–10 Go SSD |
| Docker | Oui (image officielle) |
| Base de données | SQLite intégrée |
| Niveau | Accessible |
Uptime Kuma est frugal. Au repos, avec une poignée de moniteurs, le conteneur consomme autour de 100 Mo de RAM. La consommation monte ensuite avec deux facteurs : le nombre de sondes actives en parallèle et la profondeur de l’historique conservé dans la base SQLite (les graphiques de temps de réponse accumulent des points).
Concrètement, un VPS avec 256 Mo fait tourner l’application pour quelques moniteurs, mais on est vite à l’étroit. Le palier 1 Go est le bon choix : confortable pour plusieurs dizaines de sondes à 60 secondes d’intervalle, avec de la marge pour le reverse proxy et le système. Côté stockage, 5 à 10 Go suffisent — la base SQLite intégrée reste légère, l’essentiel du volume venant de l’historique des pings que vous pouvez purger.
Le CPU n’est pas un facteur limitant : un seul vCPU encaisse sans difficulté la charge de requêtes HTTP périodiques. Si vous hésitez sur le dimensionnement plus largement, ce guide détaille les ordres de grandeur : combien de RAM pour s’auto-héberger.
Comment créer une page de statut publique ?
C’est l’une des fonctions les plus appréciées d’Uptime Kuma, et celle qui le distingue d’un simple outil d’alerte interne. Une page de statut est une page web publique qui affiche, en temps réel, l’état de vos services : un bandeau vert « Tous les systèmes opérationnels », ou une alerte claire en cas d’incident, avec l’historique de disponibilité.
Pour la créer, vous ouvrez la section Status Pages dans l’interface, vous donnez un nom et un slug à la page, puis vous sélectionnez les moniteurs que vous voulez exposer (vous gardez les sondes internes privées si besoin). Vous pouvez personnaliser le titre, ajouter un logo, un message d’accueil, regrouper les services par catégorie et même publier des annonces d’incident pour communiquer pendant une panne.
L’intérêt est double. Pour une agence ou un freelance, c’est un gage de professionnalisme : au lieu de répondre individuellement aux clients qui s’inquiètent, vous publiez une URL (statut.votredomaine.fr) qu’ils consultent eux-mêmes. Pour un projet ou un SaaS, c’est un canal de transparence qui réduit les tickets de support : les utilisateurs voient d’un coup d’œil si le problème vient de chez vous. Et comme la page tourne sur votre VPS externe, elle reste accessible même quand vos services de production sont à terre — exactement le moment où les gens viennent la consulter.
Quelles notifications et quels types de sondes ?
Un moniteur dans Uptime Kuma se définit par son type de sonde, c’est-à-dire la façon dont il teste un service. Les principaux :
- HTTP / HTTPS : la sonde de base. Elle vérifie qu’une URL répond avec le bon code (200, etc.) et mesure le temps de réponse. Idéale pour un site web ou une API.
- Mot-clé (keyword) : variante HTTP qui cherche un texte précis dans la page. Pratique pour détecter une page d’erreur qui renverrait quand même un code 200 — par exemple repérer le mot « maintenance » ou s’assurer que « Connexion » est bien affiché.
- TCP Port : teste qu’un port répond (base de données, serveur de jeu, service réseau). Utile pour ce qui n’est pas du HTTP.
- Ping (ICMP) : vérifie la simple joignabilité d’une IP ou d’un domaine et suit la latence réseau.
- Certificat SSL : surveille la date d’expiration de votre certificat TLS et vous alerte avant qu’il n’expire. De quoi ne plus jamais laisser un certificat périmer par oubli.
- DNS et conteneur Docker complètent la liste pour des besoins plus pointus.
Côté notifications, Uptime Kuma gère plus de 90 canaux. Les plus utilisés en pratique : Discord et Telegram (instantanés, parfaits pour une petite équipe), l’e-mail via SMTP, Gotify (notifications push auto-hébergées), Slack, Pushover ou un webhook générique. Vous pouvez attacher plusieurs notifications à un même moniteur et régler le seuil de déclenchement (par exemple alerter seulement après deux échecs consécutifs, pour éviter le bruit d’un faux positif).
Combien coûte un monitoring auto-hébergé ?
Soyons honnêtes sur la comparaison. UptimeRobot propose bien un palier gratuit, et pour un usage minimal il peut suffire. Mais ce palier est limité : nombre de moniteurs plafonné, intervalle de vérification long (souvent 5 minutes en gratuit), historique restreint et page de statut basique. Dès que vous voulez des intervalles courts, beaucoup de sondes ou une page de statut soignée, vous basculez sur un abonnement payant mensuel.
L’intérêt d’Uptime Kuma est précisément là : tout est illimité et sans abonnement. Moniteurs en quantité libre, intervalles aussi courts que vous le souhaitez, page de statut entièrement personnalisable, et surtout vos données de disponibilité restent chez vous, dans une base SQLite que vous contrôlez. Le seul coût est celui du VPS qui héberge l’application : 4 à 5 €/mois pour un modèle 1 Go amplement suffisant.
Le calcul est simple : si vous dépassez le palier gratuit d’UptimeRobot, un VPS Uptime Kuma revient souvent moins cher qu’un abonnement SaaS équivalent, tout en vous offrant plus de souplesse. Et même si vous restez sous le seuil gratuit, le contrôle des données et la page de statut « maison » justifient à eux seuls le petit VPS pour beaucoup d’indépendants et d’agences.
Quel hébergeur choisir pour Uptime Kuma ?
Quel hébergeur choisir ?
Pour du monitoring, l'essentiel est un VPS fiable et bien connecté, idéalement chez un autre hébergeur que celui de vos sites surveillés.
Hetzner
Le meilleur rapport puissance/prix
- VPS CX22 : 2 vCPU, 4 Go RAM, 40 Go SSD
- L'hébergeur favori de la communauté self-hosting
- Datacenters en UE (conformité RGPD)
- Config conseillée
- 2 vCPU / 4 Go / 40 Go SSD
- Prix indicatif
- ≈ 4,50 €/mois
- Docker
- VPS complet — Docker à installer (ou image Coolify en 1 clic)
Scaleway
Le déploiement Docker en 1 clic
- Instances françaises, Docker InstantApp en 1 clic
- Facturation à l'heure possible (tests)
- Bon pour démarrer puis monter en puissance
- Config conseillée
- 2 vCPU / 2–4 Go / 20+ Go
- Prix indicatif
- ≈ 5–9 €/mois
- Docker
- Image Docker InstantApp en 1 clic
LWS
Le plus simple pour débuter (support FR)
- VPS avec Docker préinstallé, clé en main
- Support téléphonique en français
- Bon point d'entrée pour les débutants
- Config conseillée
- 2 vCPU / 4 Go / 40 Go SSD
- Prix indicatif
- ≈ 4–6 €/mois
- Docker
- Docker préinstallé sur les VPS
Transparence : les liens ci-dessus sont des liens partenaires (affiliation). Si vous souscrivez via l'un d'eux, ce site touche une commission, sans surcoût pour vous. Cela n'influence pas nos recommandations : nous ne citons que des hébergeurs adaptés à cette application. En savoir plus.
La règle d’or se répète ici : prenez un hébergeur différent de celui qui héberge vos sites. Si vos sites sont chez l’hébergeur A et votre monitoring chez l’hébergeur B, une panne datacenter chez A ne touche pas votre sonde — qui détecte alors la panne et vous prévient. Mettre les deux au même endroit ruinerait l’intérêt de la démarche. Au-delà de ça, un VPS d’entrée de gamme bien connecté suffit : Uptime Kuma ne demande ni puissance ni stockage particuliers, seulement de la disponibilité et une bonne connectivité réseau.
Installer Uptime Kuma sur un VPS avec Docker
L’installation est rapide. Sur un VPS à jour avec Docker et le plugin Compose installés, créez un dossier puis un fichier docker-compose.yml :
services:
uptime-kuma:
image: louislam/uptime-kuma:1
container_name: uptime-kuma
restart: unless-stopped
volumes:
- uptime-kuma-data:/app/data
ports:
- "3001:3001"
volumes:
uptime-kuma-data:
Le point important est le volume uptime-kuma-data monté sur /app/data : c’est là que vit la base SQLite et toute votre configuration (moniteurs, notifications, historique). Tant que ce volume existe, vous pouvez détruire et recréer le conteneur sans rien perdre. Le port 3001 est le port d’écoute standard d’Uptime Kuma.
Lancez ensuite le conteneur :
docker compose up -d
Ouvrez http://IP_DU_VPS:3001 dans votre navigateur : l’assistant vous demande de créer le compte administrateur au premier lancement. Ne laissez pas ce port exposé en clair sur Internet — placez un reverse proxy devant pour le HTTPS. Avec Caddy, quelques lignes suffisent à obtenir un certificat automatique :
statut.votredomaine.fr {
reverse_proxy localhost:3001
}
Une fois en HTTPS, créez votre premier moniteur : choisissez le type HTTP(s), entrez l’URL d’un de vos sites, un intervalle de 60 secondes, attachez une notification Discord ou e-mail, et validez. Quelques secondes plus tard, le tableau de bord affiche le statut et la courbe de temps de réponse. Terminez en publiant une page de statut depuis la section Status Pages pour rendre l’état de vos services visible publiquement.
Pour aller plus loin sur le choix de la machine, consultez quel VPS choisir pour s’auto-héberger, et pour mettre en place d’autres services sur le même modèle, le guide général auto-héberger ses applications sur un VPS.
Questions fréquentes
Pourquoi surveiller ses sites depuis un VPS séparé ?
Parce qu'une sonde installée sur le serveur surveillé tombe en panne en même temps que lui : aucune alerte ne part. Un VPS externe voit vos sites comme un vrai visiteur et reste debout si l'infra surveillée plante.
Uptime Kuma remplace-t-il UptimeRobot gratuitement ?
Oui, sans palier ni quota : moniteurs illimités, intervalles courts, page de statut soignée et données chez vous. Le seul coût est celui du petit VPS qui l'héberge, soit environ 4 à 5 €/mois.
Comment créer une page de statut publique pour ses clients ?
Uptime Kuma intègre un générateur de page de statut : vous choisissez les moniteurs à afficher, un nom de domaine, un logo, et vous obtenez une URL publique montrant l'état des services et l'historique des incidents.
Quels types de sondes Uptime Kuma propose-t-il ?
HTTP/HTTPS (code, mot-clé, requête JSON), TCP sur un port, ping ICMP, expiration de certificat SSL, DNS et conteneurs Docker. De quoi surveiller un site, une API, une base de données ou un service interne.
Quelles notifications sont disponibles ?
Plus de 90 canaux : Discord, Telegram, e-mail SMTP, Gotify, Slack, Pushover, webhook générique, etc. Vous pouvez cumuler plusieurs notifications sur un même moniteur.
Combien de moniteurs un petit VPS gère-t-il ?
Un VPS 1 vCPU / 1 Go encaisse sans peine plusieurs dizaines de moniteurs avec des intervalles de 60 secondes. La consommation grimpe surtout avec l'historique et le nombre de sondes simultanées.