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Héberger Plausible Analytics sur un VPS : la mesure d'audience sans cookie

Mesurez votre audience web sans cookie ni bannière de consentement, sur votre propre VPS — l'alternative légère à Google Analytics.

Remplace
Google Analytics
RAM conseillée
4 Go
Docker
Oui
Budget VPS
≈ 6–9 €/mois
Difficulté
Intermédiaire
En bref

Plausible Analytics est l'alternative à Google Analytics centrée sur la vie privée : sans cookie, sans donnée personnelle, donc en principe sans bannière de consentement. Sa contrepartie technique : il embarque ClickHouse (le moteur de stats) en plus de PostgreSQL, ce qui le rend plus gourmand qu'on ne l'imagine. Comptez 2 Go de RAM au minimum, 4 Go pour être à l'aise et environ 6–9 €/mois de VPS. La version Community Edition est gratuite et 100 % auto-hébergeable.

Vous voulez savoir combien de visiteurs lisent vos pages, d’où ils viennent et quels contenus marchent — sans pister personne, sans alourdir votre site et sans afficher l’éternelle bannière « Accepter les cookies » ? C’est exactement la promesse de Plausible Analytics. C’est l’alternative open source à Google Analytics la plus connue dans le monde du privacy-first : un script de mesure minuscule, aucun cookie, aucune donnée personnelle collectée, et un tableau de bord clair tenant sur une seule page. Pour un site vitrine, un blog, une boutique ou un média européen soucieux du RGPD, c’est devenu une référence.

L’héberger sur un VPS loué a un double intérêt. D’abord, vos données d’audience restent chez vous, en Europe, au lieu de transiter par les serveurs d’un géant publicitaire américain. Ensuite, vous échappez au coût récurrent de Plausible Cloud, facturé au volume de pages vues. La contrepartie, qu’il faut annoncer franchement, est technique : contrairement à un outil mono-conteneur, Plausible s’appuie sur deux bases de données, dont ClickHouse, un moteur analytique qui pèse sur la mémoire et le disque. Ce guide explique combien de RAM prévoir, pourquoi cette architecture, ce que coûte réellement l’auto-hébergement, et comment tout monter avec Docker.

Configuration requise : combien de RAM pour Plausible ?

Configuration VPS requise
Processeur (CPU)2 vCPU
RAM minimale2 Go
RAM conseillée4 Go
Stockage20–40 Go SSD
DockerOui (image officielle)
Base de donnéesPostgreSQL + ClickHouse
NiveauIntermédiaire

C’est le point que la plupart des débutants sous-estiment. Vu de loin, Plausible semble léger : le script côté site fait moins d’un kilo-octet, et l’interface est minimaliste. Mais le serveur, lui, fait tourner trois composants côte à côte : l’application Plausible (écrite en Elixir), PostgreSQL et ClickHouse.

L’application Elixir est raisonnable et PostgreSQL reste modeste — il ne stocke que la configuration, les comptes et la liste des sites, soit peu de volume. C’est ClickHouse qui pèse. Cette base orientée colonnes est conçue pour ingérer des millions d’événements de visite et recalculer les statistiques à la volée ; en échange de sa rapidité, elle réserve de la mémoire pour ses caches et ses tampons d’écriture. Sur une machine trop juste, c’est presque toujours ClickHouse qui se fait tuer par le système au premier pic de charge.

D’où la règle nette : 2 Go de RAM au strict minimum, et 4 Go pour être réellement à l’aise, surtout si vous mesurez plusieurs sites ou un trafic conséquent. Un VPS à 1 Go peut démarrer la stack, mais se révèle instable dès que ClickHouse compacte ses données. Côté stockage, prévoyez 20 à 40 Go de SSD : le volume grossit avec le nombre d’événements conservés dans le temps. Le CPU n’est pas le facteur critique, mais visez 2 vCPU pour absorber les compactions de ClickHouse sans ralentir l’interface. Si vous hésitez plus largement sur la machine, ce guide détaille les ordres de grandeur : combien de RAM pour s’auto-héberger.

C’est l’argument central de Plausible, et la principale raison de le préférer à Google Analytics. Plausible ne dépose aucun cookie sur le navigateur de vos visiteurs. Il ne génère pas non plus d’identifiant persistant permettant de suivre une même personne d’une visite à l’autre. Concrètement, il ne collecte aucune donnée personnelle au sens du RGPD : pas d’empreinte de navigateur stockée, pas de profil individuel reconstitué dans le temps.

Pourquoi est-ce décisif ? Parce que l’obligation d’afficher une bannière de consentement découle, pour l’essentiel, du dépôt de traceurs non strictement nécessaires — typiquement les cookies de mesure d’audience publicitaire. Google Analytics 4 entre pleinement dans cette catégorie : il faut recueillir le consentement avant de le déclencher, ce qui dégrade l’expérience et fait fuir une partie des mesures (les visiteurs qui refusent disparaissent des statistiques). En retirant la cause — le cookie et le suivi individuel — Plausible retire en principe le besoin de bandeau. Vos statistiques redeviennent complètes parce que 100 % des visiteurs sont comptés, sans étape de consentement à franchir.

Une nuance s’impose, par honnêteté : la conformité réglementaire dépend toujours de votre situation précise (autres scripts présents sur la page, nature exacte des données, recommandations de votre autorité de protection des données). Plausible ne vous dispense pas d’une réflexion globale sur la vie privée de votre site. Mais sur le point qui fâche le plus — la mesure d’audience — son modèle sans cookie est un atout réel et solide face à GA4, et beaucoup d’éditeurs européens l’ont adopté précisément pour cette raison.

Auto-hébergé (CE) ou Plausible Cloud ?

Plausible se décline en deux formes qu’il faut bien distinguer. La Community Edition (CE) est la version open source et gratuite que vous installez sur votre propre serveur : c’est elle qui fait l’objet de ce guide. Vous téléchargez les images Docker, vous configurez vos bases, et vous obtenez un Plausible complet sans payer de licence. La CE n’est pas une version bridée : elle partage le cœur du produit avec l’offre commerciale.

Plausible Cloud est le service hébergé par l’éditeur, payant, facturé selon le nombre de pages vues mensuelles. Vous n’avez rien à installer ni à maintenir : vous créez un compte, vous collez le script sur votre site, c’est tout. Ce revenu finance le développement du projet open source — et il est juste de le rappeler : en payant Cloud, vous soutenez directement l’équipe qui écrit le logiciel que les auto-hébergeurs utilisent gratuitement.

Le choix est donc surtout une question de moyens et de volume. Si vous êtes à l’aise avec Docker, un reverse proxy et les sauvegardes, l’auto-hébergement vous donne le contrôle total et un coût fixe. Si vous préférez ne pas gérer de serveur — ou si vous voulez soutenir le projet — Cloud est parfaitement légitime. Les deux options sont honnêtes ; ce site parle d’auto-hébergement, mais Cloud reste un excellent choix pour qui ne veut pas administrer de machine.

Combien coûte l’auto-hébergement de Plausible ?

Posons la comparaison à plat. Plausible Cloud est facturé au volume de pages vues : son tarif grimpe par paliers à mesure que votre audience augmente. À faible trafic, c’est très abordable ; à fort trafic, l’abonnement mensuel peut devenir significatif, surtout si vous suivez plusieurs sites depuis un même compte.

L’auto-hébergement inverse la logique : son coût est fixe, indépendant du nombre de visites. Vous payez un seul VPS, et qu’il enregistre dix mille ou dix millions de pages vues, la facture ne change pas — seul le dimensionnement de la machine évolue. Un VPS 2 vCPU / 4 Go adapté à Plausible coûte environ 6 à 9 €/mois chez les hébergeurs sérieux. Sur cette même machine, vous pouvez mesurer autant de sites que vous voulez, sans surcoût par site ni par palier de trafic.

Le calcul devient donc franchement favorable à l’auto-hébergement dans deux cas : quand votre trafic est élevé (l’abonnement Cloud dépasserait le prix du VPS), et quand vous gérez plusieurs sites (une agence, un éditeur multi-domaines). À l’inverse, pour un petit blog à faible audience, Cloud peut revenir moins cher une fois qu’on valorise le temps de maintenance — car l’auto-hébergé a un coût caché bien réel : vos sauvegardes et vos mises à jour, en particulier celles de ClickHouse, qu’il ne faut pas négliger. C’est le vrai prix de l’indépendance, et il vaut la peine d’être anticipé.

Quel hébergeur choisir pour Plausible ?

Quel hébergeur choisir ?

Plausible réclame 2 à 4 Go à cause de ClickHouse ; pour des données d'audience d'utilisateurs européens, un hébergeur UE/FR renforce la conformité RGPD.

OVHcloud

L'option française, Docker préinstallé

  • Image VPS « Docker » préinstallée disponible
  • Datacenters en France (latence + RGPD)
  • Documentation francophone fournie
Config conseillée
2 vCPU / 4 Go / 80 Go SSD
Prix indicatif
≈ 6–8 €/mois
Docker
Image Docker préinstallée proposée au déploiement
Voir les VPS OVHcloud lien à brancher

Infomaniak

La souveraineté des données

  • Hébergeur suisse indépendant, très axé vie privée
  • VPS Lite abordables, Docker via documentation
  • Énergie renouvelable, datacenters en Suisse
Config conseillée
2 vCPU / 4 Go / 80 Go NVMe
Prix indicatif
≈ 6–9 €/mois
Docker
VPS complet — Docker à installer (doc fournie)
Voir les VPS Infomaniak lien à brancher

Hetzner

Le meilleur rapport puissance/prix

  • VPS CX22 : 2 vCPU, 4 Go RAM, 40 Go SSD
  • L'hébergeur favori de la communauté self-hosting
  • Datacenters en UE (conformité RGPD)
Config conseillée
2 vCPU / 4 Go / 40 Go SSD
Prix indicatif
≈ 4,50 €/mois
Docker
VPS complet — Docker à installer (ou image Coolify en 1 clic)
Voir les VPS Hetzner lien à brancher

Transparence : les liens ci-dessus sont des liens partenaires (affiliation). Si vous souscrivez via l'un d'eux, ce site touche une commission, sans surcoût pour vous. Cela n'influence pas nos recommandations : nous ne citons que des hébergeurs adaptés à cette application. En savoir plus.

Deux critères guident le choix ici. Le premier est la RAM : ne partez pas sur le plan d’entrée de gamme à 1 Go, vous viseriez directement un palier 4 Go pour que ClickHouse respire. Le second est la localisation : puisque vous mesurez l’audience d’utilisateurs européens, héberger ces données sur un VPS situé en Union européenne — en France avec OVHcloud ou Infomaniak (suisse, mais avec datacenters et garanties UE solides), ou ailleurs en UE avec Hetzner — évite tout transfert hors zone et simplifie la démonstration de conformité. Plausible étant déjà sans donnée personnelle, le risque est faible par nature, mais cette cohérence géographique est un argument de sérénité, particulièrement si vous quittez Google Analytics justement pour des raisons de souveraineté.

Installer Plausible sur un VPS avec Docker

Voici un docker-compose.yml réaliste réunissant les trois services indispensables : Plausible, ClickHouse et PostgreSQL. Les valeurs sensibles (mots de passe, clé secrète, domaine) sont des pseudo-valeurs à remplacer. Générez votre SECRET_KEY_BASE avec openssl rand -base64 48.

services:
  plausible:
    image: ghcr.io/plausible/community-edition:v2
    container_name: plausible
    depends_on:
      - plausible_db
      - plausible_events_db
    environment:
      # --- Clé secrète (openssl rand -base64 48) ---
      SECRET_KEY_BASE: "REMPLACEZ_PAR_UNE_CLE_BASE64_DE_64_OCTETS"
      # --- URL publique (votre domaine HTTPS) ---
      BASE_URL: "https://stats.mondomaine.fr"
      # --- Connexion PostgreSQL (configuration et comptes) ---
      DATABASE_URL: "postgres://plausible:motdepasse_pg@plausible_db:5432/plausible"
      # --- Connexion ClickHouse (stockage des événements) ---
      CLICKHOUSE_DATABASE_URL: "http://plausible_events_db:8123/plausible_events_db"
    ports:
      - "8000:8000"
    restart: unless-stopped

  plausible_db:
    image: postgres:16
    container_name: plausible-postgres
    environment:
      POSTGRES_USER: "plausible"
      POSTGRES_PASSWORD: "motdepasse_pg"
      POSTGRES_DB: "plausible"
    volumes:
      - ./data/postgres:/var/lib/postgresql/data
    restart: unless-stopped

  plausible_events_db:
    image: clickhouse/clickhouse-server:24.12-alpine
    container_name: plausible-clickhouse
    volumes:
      - ./data/clickhouse:/var/lib/clickhouse
      - ./clickhouse/logs.xml:/etc/clickhouse-server/config.d/logs.xml:ro
    ulimits:
      nofile:
        soft: 262144
        hard: 262144
    restart: unless-stopped

Quelques points de vigilance après le docker compose up -d :

  • ClickHouse est le composant sensible. Le volume ./data/clickhouse est celui qui grossit et qu’il faut surveiller. Les ulimits (nombre de fichiers ouverts) évitent des erreurs au démarrage sous forte charge. Le petit fichier logs.xml sert à brider la verbosité des journaux internes de ClickHouse, sinon ils gonflent inutilement le disque.
  • Reverse proxy HTTPS obligatoire. Plausible écoute en HTTP sur le port 8000 ; ne l’exposez jamais en clair sur Internet. Placez Caddy, Traefik ou Nginx devant lui pour un certificat Let’s Encrypt automatique. Avec Caddy, quelques lignes suffisent :
stats.mondomaine.fr {
    reverse_proxy localhost:8000
}
  • Sauvegardez les deux bases. Le volume PostgreSQL (vos comptes et sites) et le volume ClickHouse (toutes vos statistiques) sont à inclure dans vos sauvegardes : l’un sans l’autre est inutile.
  • Premier démarrage. Plausible applique automatiquement ses migrations au lancement, puis vous ouvrez votre domaine pour créer le compte administrateur et ajouter votre premier site. Vous récupérez alors le script de mesure à coller dans le <head> de vos pages — une seule ligne, sans cookie.

Une fois en ligne, vous disposez d’un tableau de bord d’audience complet, rapide et respectueux de la vie privée, entièrement hébergé chez vous.


Plausible demande un peu plus de ressources qu’on ne l’imagine — la faute à ClickHouse — mais il offre en échange une mesure d’audience sérieuse, sans cookie et sans bannière, là où Google Analytics impose l’inverse. Si la légèreté prime sur la richesse des rapports, regardez aussi Umami, l’alternative encore plus frugale. Et si vous hésitez encore sur la machine à louer, commencez par quel VPS choisir pour le self-hosting.

Questions fréquentes

Plausible nécessite-t-il vraiment une bannière de consentement aux cookies ?

En principe, non. Plausible ne dépose aucun cookie et ne collecte aucune donnée personnelle ni identifiant persistant : il n'y a donc pas de traceur à faire accepter via un bandeau. C'est son principal argument face à Google Analytics 4. Nuance honnête : la conformité dépend de votre situation exacte, mais l'absence de cookie retire la cause principale qui impose une bannière.

Combien de RAM faut-il pour héberger Plausible ?

Comptez 2 Go de RAM au strict minimum et 4 Go pour être confortable. La raison est que Plausible ne tourne pas seul : il s'accompagne de PostgreSQL (configuration et comptes) et surtout de ClickHouse (le stockage des événements), qui est le composant le plus gourmand en mémoire et en disque.

Plausible auto-hébergé est-il vraiment gratuit ?

Oui. La version Community Edition (CE) est open source et entièrement gratuite à auto-héberger : vous ne payez que votre VPS. Plausible Cloud, lui, est l'offre payante au volume de pages vues, qui finance le développement du projet. Les deux partagent le même cœur ; la CE n'est pas une version bridée.

Pourquoi Plausible embarque-t-il ClickHouse en plus de PostgreSQL ?

Les deux bases ont des rôles différents. PostgreSQL stocke la configuration, les comptes et les sites. ClickHouse, une base orientée colonnes conçue pour l'analytique, encaisse les millions d'événements de visite et calcule les statistiques quasi instantanément. C'est ClickHouse qui fait la performance de Plausible — et qui pèse le plus sur la RAM et le disque.

Auto-héberger Plausible coûte-t-il moins cher que Plausible Cloud ?

Cela dépend de votre trafic. Plausible Cloud est facturé selon le nombre de pages vues par mois : économique à faible volume, il grimpe à fort trafic. L'auto-hébergé a un coût fixe — celui du VPS, environ 6 à 9 €/mois — quel que soit le volume. Il devient intéressant à fort trafic, ou pour mesurer plusieurs sites sur une seule machine.

Plausible ou Umami, lequel choisir pour s'auto-héberger ?

Umami est plus léger (une seule base, PostgreSQL ou MySQL) et tourne sur un petit VPS à 1 Go : idéal si la frugalité prime. Plausible est plus complet (objectifs, entonnoirs, rapports e-mail) mais réclame ClickHouse et donc 2 à 4 Go. Choisissez Umami pour la légèreté, Plausible pour des rapports plus riches.

Un hébergeur français ou européen change-t-il quelque chose pour le RGPD ?

Plausible étant déjà sans donnée personnelle, le risque est faible par nature. Mais héberger les données d'audience d'utilisateurs européens sur un VPS situé en UE (France ou ailleurs) évite tout transfert hors UE et simplifie la démonstration de conformité. C'est un argument de sérénité, surtout vis-à-vis d'un service américain.